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La conquete finale du Royaume du Dahomey

La Seconde guerre franco-dahomeenne (1892-1894) fut la confrontation finale entre le Royaume du Dahomey et la France. Le Colonel Alfred Dodds mena une force expeditionnaire de 3 000 hommes contre les guerriers du roi Behanzin. Apres des mois de combats brutaux, le Dahomey tomba et Behanzin fut ex...

La treve de 1890 avait donne a Behanzin deux ans. Deux ans pour se preparer. Deux ans pour s'armer. Deux ans pour esperer que la France pourrait perdre son interet pour son petit royaume.

La France ne perdit pas son interet.

En 1892, une force expeditionnaire francaise sous le Colonel Alfred Dodds — ironiquement, fils d'une mere senegalaise et d'un pere francais — debarqua sur la cote dahomeenne. La force etait trois fois plus grande que celle qui avait combattu en 1890. Elle portait des fusils Lebel modernes, de l'artillerie et des mitrailleuses Gatling. Elle ne venait pas pour negocier.

La Seconde guerre franco-dahomeenne avait commence.

L'invasion francaise : Une nouvelle sorte de guerre

Le Colonel Dodds commandait environ 3 000 soldats, incluant :

  • Des fantassins de marine francais
  • Des tirailleurs coloniaux senegalais et gabonais
  • Des batteries d'artillerie avec des canons modernes
  • Des troupes de soutien et du genie

La force etait soutenue par la marine francaise, qui bombardait les positions cotieres et dechargeait les approvisionnements.

Behanzin pouvait aligner peut-etre 8 000 guerriers, incluant son elite de corps Mino. Mais ses forces etaient armees surtout de mousquets, machettes et armes traditionnelles. Il avait quelques fusils modernes captures en 1890, mais pas assez pour equiper toute son armee.

La situation strategique etait claire. Le Dahomey ne pouvait pas vaincre les Francais dans une bataille rangee. Le seul espoir de Behanzin etait de rendre la campagne si couteuse que la France negocierait.

La campagne : La guerre de guerilla de Behanzin

La strategie de Behanzin etait brillante dans sa conception et desespere dans son execution. Il eviterait la confrontation directe avec la force francaise principale. Au lieu de cela, il :

  • Utiliserait le terrain — la brousse dense du plateau favorisait les embuscades
  • Attaquerait les lignes d'approvisionnement — les colonnes francaises depenaient de longues chaines d'approvisionnement vulnerables
  • Combattrait la nuit — les Mino etaient specialisees dans les raids nocturnes
  • Brulerait la terre — tactiques de terre brulee pour priver les Francais de nourriture et d'abri
  • Utiliserait la guerre psychologique — ceremonies de tambours et rituels Vodun pour demoraliser les troupes francaises

Pendant des mois, la strategie fonctionna. Les Francais avancaient lentement, subissant des pertes dans des escarmouches et des embuscades. L'armee dahomeenne frappait et disparaissait dans la brousse. Le moral francais souffrit.

La bataille de Dogba (Septembre 1892)

Le premier engagement majeur eut lieu a Dogba en septembre 1892. Les forces dahomeennes tendirent une embuscade a une colonne francaise alors qu'elle traversait le fleuve Oueme. Les combats furent intenses et confus. Les Francais perdirent des dizaines d'hommes. Le Dahomey en perdit plus, mais demontra qu'il pouvait encore infliger des degats.

La bataille de Poguessa (Octobre 1892)

La deuxieme bataille majeure eut lieu a Poguessa, ou les guerrieres Mino menerent une charge feroc qui brisa momentanement les lignes francaises. Les officiers francais decrivirent l'attaque des Mino comme l'un des plus impressionnants spectacles de courage qu'ils aient jamais vus. Mais la puissance de feu francaise — particulierement l'artillerie — finit par repousser les forces dahomeennes.

La marche sur Abomey

Tout au long d'octobre et novembre 1892, les Francais pousserent plus profondement dans le territoire dahomeen. Les forces de Behanzin menaient des actions de retardement, brulant villages et recoites en se retirant. Les Francais avancaient a travers un paysage de cendres et de colonies abandonnees.

Le tribut psychologique sur les troupes francaises etait severe. Ils combattaient un ennemi qu'ils voyaient rarement, dans un terrain qu'ils ne comprenaient pas, pour des objectifs qui semblaient se deplacer a chaque engagement. Le paludisme et la dysenterie tuaient autant de soldats francais que les guerriers dahomeens.

L'incendie d'Abomey (Novembre 1892)

En novembre 1892, les Francais avaient atteint les abords d'Abomey. Behanzin faisait face a un choix impossible :

  • Combattre et voir la capitale detruite, ses palais pilles, son peuple massacre
  • Se rendre et voir le royaume finir avec sa capitulation
  • Bruler la ville lui-meme, refusant aux Francais la satisfaction de la conquetes

Il choisit la troisieme option.

Le 17 novembre 1892, Behanzin ordonna que les palais royaux d'Abomey soient incendies. Les palais — l'accumulation architecturale et artistique de douze rois, decores de bas-reliefs et de textiles appliques — s'enflammerent. La salle du trone brula. Les sanctuaires ancestraux brulerent. La ville brula.

Mais le feu n'etait pas simplement de la destruction. C'etait une declaration politique : mieux vaut bruler que de se rendre. La cendre d'Abomey devint la preuve que Behanzin n'avait pas cede.

Quand les forces francaises entrerent dans Abomey, elles trouverent une ruine fumante. Le roi etait parti. Les palais n'etaient que des coquilles. La victoire pour laquelle ils avaient marche des centaines de kilometres semblait vide.

La phase de guerilla (1892-1894)

Behanzin ne se rendit pas quand Abomey tomba. Il fuit dans la brousse avec ses forces restantes et continua a combattre pendant encore quatorze mois.

Cette phase de guerilla fut brutale. Behanzin se deplazait constamment, evitant la capture tout en lancant des raids sur les positions et les lignes d'approvisionnement francaises. Les Francais, qui s'attendaient a une victoire totale avec la chute d'Abomey, se retrouverent a poursuivre un roi fantome a travers le plateau.

Mais la position de Behanzin etait intenable. Son armee diminuait. Ses provisions s'epuisaient. Son peuple etait epuise. Les Francais offrirent des conditions a plusieurs reprises : rends-toi et sois exile avec honneur, ou continue a combattre et fais face a la destruction totale.

La reddition (Janvier 1894)

En janvier 1894, isole et affame, Behanzin negocia finalement sa reddition. Les conditions etaient :

  • Behanzin abdiquerait
  • Il serait exile, pas emprisonne ni execute
  • Ses partisans ne seraient pas inquietes
  • Le Dahomey deviendrait un protectorat francais

Le 15 janvier 1894, Behanzin se rendit aux autorites francaises. Le Royaume du Dahomey, qui avait existe pendant pres de deux siecles, cessa d'exister en tant qu'Etat independant.

Exil : Le requin enchaines

Les Francais exile rent Behanzin en Martinique, une colonie francaise des Caraibes. Il devait passer douze ans en captivite, d'abord en Martinique puis en Algerie.

L'exil ne brisa pas Behanzin. Il refusa toute tentative francaise de lui faire renoncer a son trone ou reconnaitre la souverainete francaise. Dans ses lettres, il ecrivit : "Un roi n'abdique pas. Un roi endure."

Il mourut a Blida, en Algerie, le 10 decembre 1906. Son corps fut rapatrie au Benin en 1928 et enterre avec tous les honneurs royaux a Abomey.


FAQ

Qui a gagne la seconde guerre franco-dahomeenne ?

La France a gagne la guerre. Le Dahomey fut conquis et devint un protectorat francais. Le roi Behanzin fut capture et exile.

Quand la seconde guerre franco-dahomeenne a-t-elle eu lieu ?

La guerre dura de 1892 a 1894. La campagne principale eut lieu en 1892, suivie d'une phase de guerilla de 1892 a debut 1894.

Qui a mene les forces francaises ?

Le Colonel Alfred Dodds, un officier francais d'origine senegalaise, commanda la force expeditionnaire francaise.

Qu'est-il arrive au roi Behanzin apres la guerre ?

Behanzin fut exile a la Martinique puis en Algerie. Il mourut en exil en 1906. Son corps fut rapatrie au Benin en 1928.

Pourquoi Behanzin a-t-il brule les palais royaux ?

Behanzin ordonna l'incendie des palais pour empecher qu'ils ne tombent aux mains des Francais. L'acte etait a la fois strategique (refuser une base a l'ennemi) et symbolique (montrer qu'il ne livrerait jamais son royaume intact).


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